Armonico

Antonella Zazzera
  • antonella Zazzera, armonico Courtesy Galerie Jeanne Bucher Jaeger, Paris
  • Zazzera, armonico Courtesy Galerie Jeanne Bucher Jaeger, Paris
  • Zazzera, armonico Courtesy Galerie Jeanne Bucher Jaeger, Paris

Armonico CLXXXVII, 2011-12, Fils de cuivre, 480 x 100 x cm. Armonico CXLI, 2010, Fils de cuivre, 92 x 60 x 35 cm. Armonico CCLI, 2011-15, Fils de cuivre, 241 x 68 x 25 cm. Courtesy Galerie Jeanne Bucher Jaeger, Paris.

 

Antonella Zazzera est imprégnée de la nature de sa région natale, l’Ombrie, en Italie. De ses différentes expériences à la fois photographiques, picturales et sculpturales, elle a découvert son matériau, le fil de cuivre souple. Bien que l’apparence de ses œuvres nous renvoie à un travail de tissage, l’artiste considère plutôt son fil comme un signe qu’elle va superposer pour laisser la lumière traverser. Elle travaille par sédimentation et chaque fil l’amène à utiliser des structures et des instruments différents. Elle crée des formes primaires, qui vont ensuite pouvoir être déployées dans l’espace.

L'artiste utilise ce matériau comme symbole terrestre de la chaleur et de la lumière. Cet élément pur est un conducteur d'énergie et incarne un cheminement. Il est un signe qui prend corps et réagit avec l'espace en harmonie. Le fil est pour elle un signe avec lequel elle dessine dans l’espace.

Développée depuis 2004, sa série les Armonico est née de son intérêt pour la pellicule photographique, où elle découvre des signes, invisibles. Elle utilise un châssis à clous à partir duquel elle réalise sa trame. Une fois retiré, ce support libère une œuvre qui peut alors refléter la lumière. « Lorsque je travaille à la réalisation de l’œuvre, elle est chargée de tension, et pas seulement structurelle. […] Je m’investis physiquement dans la fabrication des Armonico et c’est seulement au moment où je retire le châssis que la tension s’en va »1 Tout son travail consiste en une étude de la courbe. Il s'agit pour elle d'un long processus constructif.

Ses œuvres naissent dans une relation étroite avec le lieu qui l’accueille. Elles peuvent aussi bien prendre forme à l’intérieur, dans des galeries qu’à l’extérieur. Ses Armonico proposent de ressentir la puissance des rayons de lumière, des éclats qui apparaissent selon notre emplacement et selon les espaces, nous incitant à observer la finesse de son lent travail manuel. Elles incarnent le temps, celui de son geste patient et celui du phénomène de vibration de la lumière. Antonella Zazzera est d’ailleurs marquée par son observation des compositions dans la nature, les nids, les écorces, les lianes. « Je vois mes œuvres comme une machine du temps. Elles se transforment à chaque heure de la journée : tons clairs à la lumière du matin, très lumineux, presque aveuglants à midi puis s’éteignant peu à peu le soir ; naturellement, inexorablement. »2 Nous pouvons nous rappeler des sensations perçues dans la nature. La lumière qui caresse l’entrelacement de ses fils de cuivre conduit à une certaine attention et rappelle des phénomènes physiques. Ses œuvres évoquent également les rythmes musicaux, des flux. Leur organicité renvoie à l'être. Tout son travail consiste, pour elle, à ramener l’être dans sa dimension originelle, la nature. Regardant ses trames de lumière, nous pouvons ainsi saisir ce qui se passe dans notre corps, retrouver des sensations perçues dans la nature.

Pauline Lisowski

1 Tensions harmoniques, une conversation entre Antonella Zazzera et Federico Sardella, in Antonella Zazzera, Trames de lumière, édité par la galerie Jaeger Bucher, 2014, p.15

2 Ibid.

 

Vu à

Galerie Jeanne Jaeger Bucher, Paris

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